« Surgis, ô prime lumière !
Empare-toi du devenir,
Saisis-toi du jeu des forces,
Jette les feux qui éveillent la vie.
Tire profit des résistances.
Dissous-toi dans le cours du temps.
Ô prime lumière, demeure ! »
Rudolf Steiner

Le dimanche 23 juin, nous avons célébré le rituel d’Agnihotra à Yoga et Son ! 

Ce rituel de purification vise à honorer le solstice d’été. En ce sens, agnihotra s’inscrit dans cette grande tradition à laquelle appartient également notre Fête de la Saint Jean occidentale.

Le solstice d’été est un moment de contemplation, de fusion, où la conscience est tournée vers l’extérieur, avide de contempler la nature en ébullition autour d’elle (et ce ne sont pas les températures actuelles qui nous contrediront sur ce point…). À l’inverse de la sainte nuit hivernale, la période qui s’ouvre avec le solstice d’été est une période de joie, d’excarnation, d’exaltation. La communion avec le monde, avec la nature et les hommes doit être au centre de nos vies.

Mais, loin de plonger dans une euphorie insensée ou une oisiveté assumée, ces rituels visent à rappeler à ses pratiquants toute la symbolique du feu (qu’il s’agisse de la Saint-Jean ou d’agnihotra). En effet, par le rituel du feu, c’est toute sa symbolique qui est engagée. Le feu, c’est d’abord l’énergie qui sommeille en nous et qui n’attend qu’à être attisée ; la flamme qui n’attend que l’on s’y arrête pour mieux bruler. Mais, c’est aussi le feu ravageur capable de détruire s’il n’est pas maîtrisé, encadré, dirigé ; le feu des passions, de la colère, de la foudre. En ce sens, le feu incarne le mystère divin et l’équilibre à trouver dans le chemin qui est le nôtre. Pour exploiter et jouir du feu purificateur et régénérateur, il faut savoir maîtriser le feu destructeur des passions. Tel semble être l’enseignement de ces rites ancestraux que l’on retrouve aux quatre coins du monde : en apprivoisant le feu qui vit en lui, l’homme tend peu à peu à cette purification qu’incarne le feu. 

En plaçant le feu au coeur du rituel, ces pratiques nous rappellent l’importance de cette quête de la lumière dans nos vies. Par le feu, c’est l’idée d’une lumière divine qui est suggéré dans ces rituels, qu’il soit védique, païen ou chrétien. Cette lumière, dont parle Steiner dont nous avons placé une citation en début de cet article, doit être l’enjeu de notre devenir, de ce vers quoi nous tendons, ce à quoi nous aspirons : danser avec le feu, s’emplir de lumière, dissiper la fumée, ou mieux : l’apprivoiser.

Pour ceux qui n’étaient pas là le 23, voici quelques petites photographies de la confection des bouquets qui a suivi la fête :